Emplois de la filière photovoltaïque

20/01/2026

Points clés de l’article

Il est temps de tordre le cou au cliché le plus tenace de la filière : « Le solaire ne crée pas d’emplois car les panneaux viennent de Chine ». C’est une erreur d’analyse économique fondamentale. Si le module voyage, l’installation, le raccordement, l’ingénierie et la maintenance, eux, sont 100 % ancrés dans nos territoires. Le solaire est l’un des plus gros pourvoyeurs d’emplois non délocalisables de la décennie.

Une réalité chiffrée : près de 70 000 emplois directs

Loin d’être une niche, la filière est devenue un employeur majeur. Selon les derniers chiffres du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER, Janvier 2025) :

  • La filière représente désormais 67 000 emplois directs et indirects.

  • La dynamique est massive : +5 GW raccordés rien qu’en 2024.

  • Le nombre d’entreprises qualifiées (RGE) a été multiplié par 5 depuis 2021.

Contrairement à une usine qui peut fermer, ces emplois sont répartis partout : des métropoles aux zones rurales, là où il y a des toitures.

Le concept clef : l’emploi non délocalisable

Pourquoi dit-on que ces emplois sont « non délocalisables » ? Parce qu’on ne peut pas installer une toiture à Lyon ou entretenir une ombrière à Bordeaux depuis l’étranger.

Selon l’ADEME, environ 2/3 de la valeur ajoutée d’une installation photovoltaïque est créée sur le sol national. Cela comprend :

  • En amont : les développeurs de projets, les bureaux d’études, les géomètres, les juristes.
  • Sur le chantier (le plus gros volume) : installateurs, couvreurs, électriciens, terrassiers, conducteurs de travaux.
  • En aval : la maintenance et l’exploitation pour 30 à 40 ans.

Le fait à retenir : Pour 1 million d’euros investis, le solaire et la rénovation énergétique créent plus d’emplois locaux que les énergies fossiles ou centralisées, car ils sont plus intensifs en main-d’œuvre sur le terrain.

Une diversité de métiers inclusive

L’autre force du solaire est sa capacité à offrir des emplois à tous les niveaux de qualification, favorisant l’insertion professionnelle :

  • Technique : ingénieurs R&D, chefs de projets.
  • Artisanat : électriciens, monteurs structures.
  • Commercial & Administratif : développement foncier, urbanisme.

C’est une filière d’avenir pour la reconversion. De nombreux centres de formation (AFPA, Greta) adaptent leurs cursus car la demande des entreprises est criante. Nous ne sommes pas face à un problème de chômage, mais de pénurie de compétences : les entreprises solaires cherchent à recruter partout.

      Horizon 2030 : le cap des 100 000 emplois se confirme

      La réindustrialisation est devenue concrète. On ne parle plus de « projets », mais de chantiers en cours.

      Avec l’obtention des permis de construire début 2025 pour les gigafactories Carbon (Fos-sur-Mer) et HoloSolis (Moselle), la France construit actuellement sa capacité de production de panneaux. Cette brique industrielle recrée de l’emploi ouvrier spécialisé et ancre définitivement la valeur ajoutée sur le territoire.

      En bref : le take-away de Tous Solaires

       

      • Ancrage local : on ne délocalise pas une installation. 2/3 de la valeur économique d’un projet solaire reste en France (études, chantier, taxes, maintenance).
      • Volume massif : la filière pèse déjà plus de 67 000 emplois et vise le cap des 100 000 d’ici 2030 pour répondre aux besoins d’électrification.
      • Inclusion : c’est une industrie qui recrute du CAP au Bac+5, offrant des opportunités concrètes de reconversion et d’insertion dans chaque département.

      Sources :

      • Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) – État des lieux des filières.
      • Observ’ER – Baromètre de l’emploi des énergies renouvelables.
      • ADEME – Marchés et emplois liés à l’efficacité énergétique et aux EnR.

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