Points clés de l’article
C’est un paradoxe unique en Europe : la France dispose d’une électricité propre et abondante, mais elle ne l’utilise pas assez. Le dernier Bilan prévisionnel 2025-2035 de RTE tire la sonnette d’alarme. Sans une accélération immédiate de l’électrification de nos usages, nous risquons de gaspiller notre avantage compétitif et des milliards d’euros. Décryptage.
La minute décryptage :
💡 95% d’électricité décarbonée en France
La France a franchi un cap historique. Avec un mix énergétique reposant sur le nucléaire (365 TWh) et la montée en puissance des énergies renouvelables comme le solaire, notre électricité est désormais décarbonée à 95 %.
Pourtant, cette excellente nouvelle cache une faille stratégique soulignée par le Réseau de Transport d’Électricité (RTE) : notre consommation stagne. Comprise entre 445 et 510 TWh/an, elle est insuffisante pour absorber cette production « verte ». Résultat ? Nous nous trouvons en situation de surcapacité transitoire.
Quel est le problème ?
Le problème est le risque du gaspillage énergétique.
Cette abondance, si elle n’est pas exploitée, a un coût. Le décalage entre une offre forte et une demande atone entraîne des conséquences économiques et techniques lourdes :
- Des pertes financières : la situation actuelle génère des surcoûts pour le système électrique estimés entre 7 et 10 %, tout en amputant les revenus des producteurs de près de 20 milliards d’euros par an.
- Le gaspillage de l’énergie verte : sans nouveaux débouchés, le réseau sera contraint de procéder à des écrêtements massifs. Concrètement, cela signifie couper volontairement la production des parcs solaires ou éoliens alors même qu’ils pourraient produire, et moduler la production nucléaire de façon non désirée.
L’objectif : atteindre 580 TWh de consommation en 2035
Pour transformer cette surcapacité en opportunité, RTE est formel : il faut électrifier massivement l’économie française. Le scénario de décarbonation rapide vise une consommation cible de 580 TWh à l’horizon 2035.
Cette électricité bas-carbone doit venir remplacer les énergies fossiles dans quatre secteurs prioritaires :
- Le transport (+17 TWh) : avec un objectif de 8 millions de véhicules électriques en circulation.
- L’hydrogène vert (+15 TWh) : pour décarboner l’industrie lourde et les transports intensifs.
- L’industrie (+13 TWh) : via la concrétisation de projets d’électrification des procédés industriels matures.
- Le numérique (+10 TWh) : pour soutenir le développement des datacenters.
61 milliards d’euros d’économies à la clé
L’électrification n’est pas seulement un impératif écologique, c’est une mesure de bon sens économique comptable. En remplaçant le pétrole et le gaz importés par de l’électricité produite en France (solaire, éolien, nucléaire), le pays réduirait ses importations fossiles de 500 TWh.
L’impact sur la facture énergétique nationale serait colossal : 61 milliards d’euros d’économies annuelles. De plus, en optimisant l’utilisation du réseau, les coûts du système électrique pourraient baisser de 7 €/MWh, profitant à tous les consommateurs.
C’est le moment d’agir et de profiter des prix bas.
Pourquoi est-ce le moment idéal pour les industriels et les collectivités de passer à l’électrique ? Parce que les prix de marché (prix spot) sont actuellement bas, oscillant entre 35 et 50 €/MWh.
Cette fenêtre de tir permet de sécuriser des contrats d’approvisionnement à long terme (PPA) très compétitifs. Mais cette opportunité ne durera pas éternellement.
Conclusion
L’abondance énergétique ne se transforme en souveraineté économique que par l’action. La filière solaire est prête, la production décarbonée est là. Il ne manque plus que les usages. Comme le confirme RTE :
« Ne pas électrifier maintenant reviendrait à sacrifier l’atout majeur de la France dans la compétition économique mondiale. »
En bref : le take-away de Tous Solaires
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Abondance inexploitée : la France produit 95 % d’électricité décarbonée mais risque le gaspillage énergétique faute d’une demande suffisante.
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Gisement d’économies : l’électrification massive des usages (transport, industrie) permettrait de réduire la facture énergétique nationale de 61 milliards d’euros.
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Opportunité immédiate : les prix de marché bas actuels ouvrent une fenêtre idéale pour sécuriser des contrats à long terme et la compétitivité industrielle.
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