Agrivoltaïsme vertueux : produire sans sacrifier les terres agricoles

15/01/2026

Points clés de l’article

C’est l’un des débats les plus sensibles de la transition énergétique : faut-il choisir entre nourrir la population et produire de l’électricité ? La réponse est non. Avec l’agrivoltaïsme dit « vertueux », la France dispose d’un modèle unique au monde qui permet de déployer 7 à 15 GW de puissance solaire tout en mobilisant moins de 0,1 % des surfaces cultivées. Décryptage d’une cohabitation gagnant-gagnant.

L’image des champs recouverts de panneaux au détriment des cultures appartient au passé (ou aux contre-exemples à bannir). Aujourd’hui, la filière solaire française défend une approche radicalement différente : l’agrivoltaïsme vertueux.

Loin d’opposer agriculture et énergie, ce modèle propose une alliance : utiliser le soleil deux fois. Une fois pour la photosynthèse des plantes, une fois pour les électrons. Et les chiffres prouvent que l’impact foncier est dérisoire par rapport au gain énergétique.

Le décret 2024-318 : garde-fou strict pour protéger les sols

Depuis le décret n° 2024-318, l’agrivoltaïsme n’est plus une zone grise. La loi impose désormais un cadre technique précis pour qu’une installation soit considérée comme « agrivoltaïque ».

L’objectif ? Garantir que la production agricole reste l’activité principale.

Pour être certifié « vertueux », un projet doit respecter des critères de durabilité drastiques :

  • Densité limitée : pas plus de 0,5 MW par hectare (pour laisser passer la lumière).
  • Hauteur minimale : les panneaux doivent être situés à au moins 2 mètres du sol pour permettre le passage des engins agricoles et des animaux.
  • Protection des rendements : la baisse de rendement agricole induite par l’ombre ne doit pas dépasser 10 %.
  • Zéro artificialisation : aucun déclassement des sols agricoles n’est autorisé. La terre reste une terre nourricière.

Ces standards garantissent une coexistence réelle. Il ne s’agit pas de remplacer l’agriculteur par l’électricien, mais de fournir à l’exploitation un outil de protection (contre la grêle ou la sécheresse) et un revenu complémentaire.

Un potentiel colossal sur une surface infime

L’argument de la « bétonisation » des campagnes ne tient pas face à la réalité mathématique.

Le potentiel de l’agrivoltaïsme en France est estimé à 50 GWc d’ici 2050. Pour visualiser ce chiffre, cela représente la production électrique d’environ dix réacteurs nucléaires.

Le plus impressionnant ?

Pour atteindre ce niveau de souveraineté énergétique, il suffirait d’équiper moins de 0,5 % de la Surface Agricole Utile (SAU) française.

Sur le court terme, l’objectif de 7 à 15 GW ne mobiliserait que 0,1 % des surfaces cultivées.

Le conflit d’usage est donc un mythe, à condition de cibler en priorité les 100 000 hectares déjà identifiés comme compatibles (terres à faible productivité, besoins d’ombrage, etc.).

L’urgence d’accélérer

Si le potentiel est là, le rythme actuel est insuffisant. En 2024, seulement 200 hectares ont été installés. Or, la France vise 100 GW de photovoltaïque global d’ici 2035.

Pour combler cet écart, l’exécution doit suivre. Les outils sont là :

  1. Les Collectivités doivent intégrer ces critères vertueux dans leurs Zones d’Accélération (ZAENR).
  2. Les DDT (Directions Départementales des Territoires) disposent désormais du cadre légal pour instruire les dossiers sans crainte.
  3. Les aides publiques sont fléchées uniquement vers les projets respectant ce guide de bonnes pratiques.

L’agrivoltaïsme est un levier stratégique pour une « agroécologie énergétique ».

La France a les règles, elle a les terres, elle a les technologies. Il ne manque plus que l’accélération.

    En bref : le take-away de Tous Solaires

        • Priorité agricole garantie : le décret 2024-318 interdit le déclassement des sols et impose que la perte de rendement agricole reste inférieure à 10 %.
        •  Zéro conflit d’usage : en respectant les critères vertueux (hauteur > 2m, densité faible), l’agrivoltaïsme mobilise moins de 0,1 % des terres cultivées pour produire jusqu’à 15 GW.
        • Puissance massive : le potentiel à long terme (50 GWc) équivaut à 10 réacteurs nucléaires, faisant de l’agriculture un pilier majeur de notre souveraineté électrique.

    Partagez cette fiche pour devenir un acteur engagé de la transition énergétique !

    Plus de lecture

    Aucun autre article ne correspond à cette catégorie.

    Pin It on Pinterest