Points clés de l’article
Alors que l’Europe débat encore de sa souveraineté énergétique, les chiffres de ce début d’année 2026 viennent clore la discussion. Avec des records de production historiques en Espagne, en Italie et au Portugal en plein mois de janvier, le solaire prouve qu’il n’est plus une énergie d’appoint saisonnière, mais un pilier structurel du mix électrique européen.
Imaginez un pâturage où les brebis profitent d’une herbe verte, protégées des fortes chaleurs par des « parasols » géants qui produisent de l’énergie. Ce scénario idéal n’est plus de la science-fiction, c’est le résultat concret d’une collaboration entre INRAE, CVE et Statkraft.
Une transformation structurelle du mix électrique (et non conjoncturelle)
Ces records sont la conséquence directe du déploiement accéléré des infrastructures. L’Union Européenne a installé 65 GW de nouvelles capacités en 2025. Cette masse critique permet désormais aux pays du Sud de capter une part substantielle de la production, même lorsque l’ensoleillement n’est pas à son zénith estival.
En 2025, le solaire a produit 340 TWh cumulés dans l’UE, représentant 12,5 % du mix électrique total.
Le solaire compense les faiblesses des autres renouvelables.
Le fait marquant de cette période 2024-2025 est le rôle de « stabilisateur » joué par le photovoltaïque. Les données montrent que la montée en puissance du solaire a permis de compenser directement les sous-performances d’autres sources décarbonées :
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Hydraulique : en baisse de 13 %.
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Éolien : en baisse de 4 %.
Sans cette capacité solaire installée, l’Europe aurait dû recourir davantage aux énergies fossiles pour passer l’hiver.
Compétitivité : le solaire comme bouclier contre la volatilité des prix
L’impact n’est pas seulement technique, il est économique. L’afflux massif d’électricité solaire à coût marginal nul exerce une pression à la baisse systématique sur les prix de marché (prix spot).
Pour l’industrie européenne, c’est une excellente nouvelle : l’Espagne et l’Italie démontrent que la compétitivité énergétique peut être assurée par le renouvelable, offrant une visibilité prix indispensable aux investisseurs.
Alerte 2026-2027 : pourquoi la dynamique risque de se briser ?
Le rôle de Tous Solaires est aussi d’anticiper les freins. Si les records de janvier sont une victoire technologique, ils masquent une inquiétude grandissante pour l’avenir immédiat.
Les prévisions indiquent un ralentissement des installations pour 2026-2027, marquant potentiellement le premier recul de la croissance depuis 2016.
Trois facteurs menacent de stopper l’élan européen :
1. Saturation des réseaux : l’infrastructure de transport ne suit pas la vitesse de déploiement des parcs.
2. Blocages administratifs : les délais de raccordement et d’autorisation s’allongent.
3. Accès au financement : un contexte économique qui durcit les conditions pour les développeurs.
L’enjeu : faire de l’exception ibérique la norme continentale
L’Espagne et l’Italie ont prouvé qu’une production quotidienne de 150 GWh et plus est techniquement viable et économiquement rentable. La technologie est prête.
La balle est désormais dans le camp des régulateurs et des politiques. Pour éviter que le « trou d’air » prévu en 2027 ne compromette les objectifs climatiques, il est urgent de débloquer les investissements dans les réseaux et le stockage.
L’Europe a la preuve que le modèle fonctionne. Ne laissons pas la bureaucratie éteindre la lumière.
En bref : les chiffres-clefs de Tous Solaires
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115 GWh : le pic de production espagnol en janvier 2026.
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65 GW : la capacité solaire installée en UE en 2025.
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12,5 % : la part du solaire dans le mix électrique européen en 2025.
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2027 : l’année critique où un ralentissement des installations est redouté.
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