L’ADEME lance son Observatoire de l’agrivoltaïsme

09/02/2026

L’agrivoltaïsme est à la croisée des chemins. Longtemps perçue avec méfiance, soupçonnée d’être un alibi énergétique au détriment de la production nourricière, cette solution hybride gagne aujourd’hui ses lettres de noblesse. Avec le lancement fin 2025 de l’Observatoire national de l’Agrivoltaïsme par l’ADEME, la France dépasse le stade expérimental pour entrer dans une ère de pilotage industriel et stratégique.

De la zone grise à la transparence : la fin des idées reçues

L’agrivoltaïsme a souffert pendant des années d’une image ambiguë. S’agissait-il de projets photovoltaïques « déguisés » ou d’une véritable innovation agronomique ? Si la loi APER du 10 mars 2023 (Accélération de la Production d’Énergies Renouvelables) a posé le cadre juridique indispensable en définissant la primauté de la production agricole, il manquait un élément crucial pour piloter la filière : la donnée.

Sans chiffres consolidés, sans retours d’expérience centralisés, il était impossible pour l’État et les régions de planifier un déploiement cohérent à l’échelle nationale. C’est précisément ce vide que vient combler l’initiative de l’ADEME.

    Qu’est-ce que l’Observatoire National de l’Agrivoltaïsme ?

    Lancé officiellement en novembre 2025, cet Observatoire est bien plus qu’un simple outil statistique. Il s’agit d’un instrument de pilotage stratégique conçu pour structurer la filière.

    À son lancement, la plateforme centralisait déjà les données de plus de 200 installations existantes, autorisées ou opérationnelles, réparties sur tout le territoire (Métropole et Départements d’Outre-mer).

    Cet outil offre une vision à 360° inédite en Europe :

    • Cartographie détaillée des projets.

    • Retours d’expérience factuels (REX) sur la cohabitation agri-solaire.

    • Métriques de performance précises, segmentées par typologie de culture (viticulture, arboriculture, maraîchage, élevage).

    Trois leviers pour accélérer le déploiement en France

    Pour les décideurs publics (collectivités, services de l’État) comme pour les porteurs de projets privés, cet Observatoire est une mine d’or qui débloque trois verrous majeurs :

    1. L’accélération administrative

    Fini le pilotage à vue. Grâce à des référentiels factuels par région, les services instructeurs disposent désormais de preuves tangibles pour évaluer la pertinence d’un projet. Cela permet d’accélérer drastiquement les délais d’obtention des autorisations administratives pour les dossiers vertueux.

    2. L’optimisation des CAPEX (Dépenses d’investissement)

    L’agrivoltaïsme coûte cher à mettre en œuvre. En capitalisant sur les meilleures pratiques identifiées par l’Observatoire, les développeurs peuvent éviter les erreurs du passé, optimiser leurs coûts de construction et choisir les technologies les plus adaptées aux cultures ciblées.

    3. La sécurisation financière

    C’est le nerf de la guerre. Les investisseurs ont besoin de visibilité. En fournissant une base de données consolidée et fiable, l’Observatoire permet de « dé-risquer » les investissements. Il prouve la viabilité économique des modèles alliant rendement agricole et vente d’électricité.

      2026 : vers un leadership industriel français

      L’ambition de l’ADEME ne s’arrête pas là. Une phase 2 est d’ores et déjà engagée en ce début d’année 2026.

      Son objectif ? Établir un panorama national complet et exhaustif.

      La France est en train de se doter du seul observatoire européen de cette envergure dédié spécifiquement à l’agrivoltaïsme. Le message envoyé au marché est clair : la régulation précède désormais le déploiement massif. Nous ne sommes plus dans une logique de « Far West », mais dans la construction d’une filière d’excellence.

        En bref : le take-away de Tous Solaires

         Cet Observatoire marque la reconnaissance officielle de l’agrivoltaïsme comme un levier de transition majeur. En objectivant la synergie entre le monde agricole et le secteur de l’énergie, la France se donne les moyens de devenir le leader européen d’une filière à double rentabilité, durable et acceptée par les territoires.

        Sources :

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