Points clés de l’article
C’est officiel depuis ce début février 2026 : le Parlement européen a gravé dans le marbre la nouvelle étape de la Loi Climat. L’Union Européenne devra réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre de 90 % d’ici 2040 (par rapport aux niveaux de 1990).
Si les titres de presse évoquent une victoire écologique, nous y voyons une toute autre réalité : il s’agit d’un décret de guerre économique. Cette nouvelle trajectoire contraignante ne laisse plus le choix. La neutralité carbone de 2050 n’est plus une option lointaine, c’est la loi d’aujourd’hui.
Quelles conséquences pour les entreprises et les particuliers français ? Voici notre décryptage en 4 points clés.
La fin programmée des importations d’hydrocarbures
Ne nous y trompons pas : cet objectif de -90% est avant tout un outil de reconquête financière. Chaque année, l’Europe envoie des centaines de milliards d’euros hors de la zone euro pour acheter du gaz et du pétrole.
En imposant une réduction drastique des énergies fossiles, Bruxelles signe l’arrêt de mort de cette hémorragie financière. L’argent qui servait à financer des puissances étrangères a désormais vocation à rester sur le territoire pour financer notre infrastructure énergétique. C’est le retour du « produire en France » appliqué à l’énergie.
La compétitivité se joue désormais sur le prix de l’électron
C’est un changement de paradigme majeur pour l’industrie française. La compétitivité d’une usine ou d’une entreprise ne se joue plus uniquement sur le coût de la main-d’œuvre ou la fiscalité, mais sur le coût marginal de l’électron.
Dans cette nouvelle donne, le photovoltaïque n’est plus une « énergie verte » sympathique, mais l’actif industriel le plus rationnel. Pourquoi ?
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Un LCOE imbattable : le coût actualisé de l’énergie solaire est désormais inférieur à celui des énergies thermiques et nucléaires nouvelles.
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Une visibilité totale : installer du solaire, c’est figer son prix de l’électricité pour 20 ou 30 ans. C’est un bouclier absolu contre la volatilité des marchés.
Report du SEQE 2 à 2028 : un dernier sursis, pas une pause
Le texte voté à Strasbourg s’accompagne d’un ajustement calendaire : le déploiement complet du second marché du carbone (SEQE 2 ou ETS 2), qui impactera le chauffage et le transport routier, est décalé à 2028.
Attention à ne pas mal interpréter ce délai. Ce n’est pas un recul de l’ambition climatique, c’est un sursis tactique pour permettre aux acteurs économiques d’investir. Ceux qui utiliseront ces deux années pour attendre se retrouveront au pied du mur en 2028. Ceux qui investissent dès maintenant dans la rénovation et le solaire prendront une avance décisive sur leurs concurrents.
La souveraineté énergétique comme nouveau standard
L’objectif de 2040 impose une électrification massive des usages. Pour la France, cela signifie que chaque m² de toiture disponible doit devenir une mini-centrale de production.
Les gains sont immédiats et mesurables :
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Élimination du risque carbone : les entreprises solaires ne paieront pas la taxe carbone de demain.
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Dette commerciale réduite : moins d’énergie importée, c’est une balance commerciale plus saine.
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Indépendance : produire et consommer localement (autoconsommation) devient la norme de résilience.
En bref : le take-away de Tous Solaires
Cet objectif de -90% pour 2040 peut effrayer, ou il peut galvaniser. Chez Tous Solaires, notre conviction est faite : transformer cette contrainte légale en réalité industrielle.
Les freins réglementaires doivent sauter. Les entreprises doivent anticiper. Le solaire est prêt, la technologie est mature, et le cadre législatif est désormais fixé pour les 15 prochaines années.
Sources :
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Parlement européen, communiqué de presse du 5 février 2026 (« Loi Climat : objectif de réduire les émissions de 90% »).
