Points clés de l’article
On entend souvent dire que le secteur de la construction ou de l’immobilier est en crise. Pour le solaire photovoltaïque, la nuance est capitale. Comme l’affirme la tribune du Groupement des Métiers du Photovoltaïque (GMPV-FFB) : « La filière solaire française n’est pas en crise, elle est en suspens. »
La minute décryptage :
💡 C’est quoi la PPE ?
Pour comprendre le blocage, il faut comprendre l’outil. La PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie) est la feuille de route de la France. C’est le document officiel qui doit dire : « D’ici 2035, nous voulons installer tant de panneaux solaires, tant d’éoliennes, et fermer ou ouvrir tant de réacteurs. »
Sans ce document, l’État ne lance pas les appels d’offres et ne fixe pas les tarifs d’achat de l’électricité. C’est comme si on demandait à une entreprise de construire un immeuble sans lui donner les plans ni le budget. Comme le souligne le GMPV-FFB, attendre indéfiniment cette PPE annoncée depuis des années « n’est pas une stratégie », c’est « un renoncement silencieux ».
Quel est le problème ?
C’est le document que tout le secteur de l’énergie attend. La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) n’est toujours pas publiée. Pour le grand public, c’est un acronyme technique. Pour les professionnels du solaire, c’est une absence de visibilité qui gèle toute l’activité. Jérôme Teste, Président du GMPV-FFB, tire la sonnette d’alarme : le problème n’est pas technique, il est décisionnel.
Les compétences sont là, les installateurs sont prêts, les projets existent. Ce qui manque ? Les règles du jeu.
L’incertitude règlementaire a un coût réel
Ce retard n’est pas juste un problème de paperasse administrative. Il a des conséquences économiques immédiates sur nos territoires. L’incertitude réglementaire « gèle les décisions, fragilise les trésoreries et décourage l’investissement ».
Aujourd’hui, une question fondamentale reste sans réponse pour de nombreux acteurs : « Peut-on encore produire et injecter de l’électricité solaire en France ? ». Tant que cette incertitude plane, une partie structurante de l’activité reste à l’arrêt.
Ce que demande la filière : des règles, pas des subventions.
Contrairement aux idées reçues, les professionnels du solaire ne réclament pas une perfusion d’argent public. « Nous n’appelons ni à l’improvisation, ni à la subvention aveugle », précise Jérôme Teste.
L’appel est celui du pragmatisme. Il existe des solutions « immédiatement activables » pour débloquer la situation sans attendre la grande refonte du système. Parmi elles :
- Permettre une obligation d’achat, même à un tarif bas.
- Sécuriser la revente du surplus d’électricité pour les projets en autoconsommation.
Ces mesures simples enverraient un « signal de continuité » indispensable aux entreprises.
Le soleil intermédiaire : le maillon fort oublié
Le futur énergétique de la France ne se jouera pas uniquement avec des centrales géantes. Le maillage du territoire par des installations de taille moyenne (sur les toits d’usines, les hangars agricoles, les ombrières) est crucial.
Ces projets sont « peu coûteux pour le réseau » et « proches des usages » (là où l’électricité est consommée). Considérer ces installations comme secondaires en attendant la PPE serait « une erreur stratégique ».
Conclusion
Le solaire français est à une période charnière. Il se transforme, il innove, il est en mouvement. Mais dans cette phase de recomposition, « l’inaction publique est le plus mauvais des arbitres ».
Le message de « Tous Solaires » et du GMPV-FFB est clair :
« Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas l’énergie solaire, ce sont les décisions.«
En bref : le take-away de Tous Solaires
- Filière en suspens : ce n’est pas une crise de la demande ni des compétences, mais un blocage dû à l’attente des règles publiques
. - Coût de l’incertitude : le retard de la PPE gèle les décisions d’investissement et fragilise inutilement la trésorerie des entreprises prêtes à agir.
- Solutions immédiates : des mesures pragmatiques existent pour débloquer l’autoconsommation et le solaire intermédiaire sans attendre la refonte globale
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